Goûter le présent : retrouver le plaisir et le désir après la crise

Mains tenant des paillettes dorées brillantes

Lorsque nous vivons un choc qui ouvre une période de crise, notre corps et notre psyché subissent une immense secousse. Nous restons désemparés, titubant comme un boxeur sous les coups. Hébétés par la souffrance, rien d’extérieur ne nous semble digne d’intérêt.

Le repli salvateur

Des amis bien intentionnés cherchent à nous changer les idées. Mais nous ne les entendons même pas. Dans cette première phase, un élan naturel nous pousse à nous replier sur nous-mêmes, comme les animaux blessés qui se terrent et lèchent leurs plaies. C’est ce qui nous permet de redevenir notre propre priorité.

En prêtant attention à notre corps, nous découvrons chaque jour que nous sommes un peu plus vivants que la veille. C’est le premier pas vers la résilience.

L’attention aux plaisirs minuscules

Progressivement, nous sentons le soleil réchauffer notre peau. Nous marchons, regardons les passants, buvons une boisson chaude. Tous ces petits plaisirs viennent jusqu’à nous. Ces plaisirs minuscules donnent de la saveur à notre existence. Il suffit parfois d’un sourire échangé pour éclairer notre quotidien.

Un exercice puissant : notez chaque jour cinq moments agréables. Un café au soleil, jouer avec le chat, un message inattendu. Petit à petit, vous prenez conscience que votre existence regorge de moments positifs.

Ce à quoi vous accordez de l’attention grandit

Les neurosciences le confirment : ce à quoi vous accordez de l’attention va grandir. Si vous accordez de l’attention au plaisir, le plaisir grandit. Si vous accordez de l’attention aux problèmes, les problèmes grandissent.

Le monde est ce que vous voyez de lui. Vous décidez du filtre à travers lequel vous le regardez. La beauté est dans le regard de celui qui regarde.

Le plaisir se vit dans le corps

En accordant de l’attention au plaisir, vous accordez de l’attention à votre corps. Vous entamez un dialogue avec lui. Vous ressentez des courants qui le traversent. Cette énergie, cette libido, c’est l’expression même de la vie.

En goûtant le plaisir et en prenant contact avec votre corps, vous vous ancrez dans le présent. Vous ne pouvez pas ressentir l’énergie dans votre corps demain ou hier. Si vous la ressentez, vous êtes dans le présent.

En règle générale, les ennuis appartiennent au passé ou au futur. Le présent ne recèle pas ou peu d’ennuis. Même déprimé, au moment présent, vous êtes juste vivant.

La subtilité contre l’intensité

Les sensations dont je parle sont ténues. Elles n’ont rien à voir avec les sensations fortes des sports extrêmes. Ces sensations fortes inhibent notre capacité à ressentir des sensations délicates, subtiles.

La manière de reprendre goût à la vie n’est pas de la risquer. Reprendre goût à la vie, c’est reprendre plaisir aux plaisirs subtils. Les sensations subtiles sont associées à la lenteur. Elles se synchronisent avec le rythme de la circulation énergétique du corps. L’énergie vitale pulse avec lenteur.

Le désir : un élan vital

Petit à petit, vous réveillez en vous l’élan vital – celui d’un bébé qui joue avec ses pieds, d’un chat qui se roule au soleil. Cet élan, c’est le désir. Le désir est un appel de la vie à elle-même. Il vous porte vers l’autre, vers le différent, vers le lointain. C’est un appétit inextinguible qui vous pousse vers l’inconnu.

Aujourd’hui, nous confondons le désir et les envies. Les envies, c’est Amazon, les achats en quelques clics. Cette dynamique commerciale de manque, assouvissement, soulagement, désintérêt n’est pas le désir. Le désir est l’impulsion de vivre.

Le désir ne demande pas tant à être assouvi qu’à être reconnu. Lorsque le désir est assouvi, il s’éteint. Le désir est là pour vous faire éprouver le fait d’être désirant – c’est-à-dire en vie.

Les quatre ingrédients du désir

Le désir se nourrit de la nouveauté (multipliez les premières fois), la différence (nous sommes attirés par ce qui diffère de nous), la distance (on désire ce qui est hors de notre champ), et le plaisir (la motivation principale de tous nos actes).

Revisiter la sexualité

Réveiller le plaisir va vous amener à revisiter votre sexualité. Lors d’une crise, les hormones du stress irriguent notre organisme. Les hormones du stress sont incompatibles avec les hormones du plaisir. Il faut d’abord éliminer le stress pour pouvoir faire l’amour.

Lorsque le désir sexuel revient progressivement, c’est le signe que notre organisme est revenu à un état de détente. C’est une excellente nouvelle à célébrer dans la lenteur et la douceur.

Il s’agit d’être détendu pour faire l’amour, et non pas de faire l’amour pour se détendre.

La physiologie nous dicte une sexualité douce, longue, régénérante. C’est la détente qui permet l’érection et son maintien. Ce qu’on appelle « préliminaires » n’est pas superflu. Au contraire, c’est ça, faire l’amour. Les caresses longues, les baisers profonds. La pénétration est facultative. Les préliminaires sont essentiels.

Le plaisir comme boussole

La sexualité épanouissante est la meilleure manière de renouveler sans cesse le désir. Le plaisir, le désir et la sexualité s’entretiennent mutuellement dans un cycle sans fin qui nous remet en contact avec notre énergie primaire.

Le plaisir est notre boussole, notre phare. Dans la tempête des événements, le plaisir nous guide vers ce qui est bon pour nous.

Nous ne sommes pas sur terre pour résister à nos aspirations, ni pour contrôler notre désir. Nous sommes sur terre exactement pour l’inverse : épanouir notre être profond, nous ouvrir et resplendir au monde.

C’est votre plaisir qui vous indique que vous êtes sur la bonne voie dans votre existence. Alors, suivez-le. 🌱